Le personnage

Né le 7 décembre 1786, à l'origine maréchal férrant Benjamin Deneubourg et l'un de ses fils, furent les premiers vétérinaires "diplômés" de la région d'Ath. 

Il se maria avec Marie-Louise Duquesne le 31 janvier 1810, avec qui il eu 13 enfants.

En 1816, il reconstruit la ferme de ses parents dans un style néo-classique, qui est toujours visible actuellement au chemin de la Guinguette.

Benjamin décéda le 23 juillet 1853 à Bouvignies, sa tombe est toujours visible au pied de l'église du village.

 

La famille Deneubourg était tellement ancrée dans le village que l'un des petit fils de Benjamin, Ursmar Deneubourg, était échevin et ensuite bourgmestre du village.

Ferme Deneubourg - Chemin de la Guinguette à Bouvignies
Ferme Deneubourg - Chemin de la Guinguette à Bouvignies


Parution dans "L'écho de la Dendre" du lundi 25 juin 1853

MORT D’UN HOMME DE BIEN.

 

Samedi dernier, vers six heures du matin, est décédé à Bouvignies, à l’âge de 68 ans, Monsieur Benjamin Deneubourg, maréchal-vétérinaire en cette commune.

Cet habile praticien, aimé et estimé de toute la population, périt victime de son dévouement à sa profession.

                M. Marichal, secrétaire communal de notre ville, a prononcé l’oraison funèbre suivante :

                La Providence, dans ses décrets impénétrables, vient de frapper à l’improviste un de ces coups terribles qui atteignent non seulement une famille, mais jettent le deuil et la désolation dans toute une contrée.

                Vous tous, Messieurs, qui avez si bien connu dans sa rude mais loyale et bonne nature, l’homme d’élite que nous regrettons, dites ? avez-vous connu un plus habile praticien, un plus honnête homme, un meilleur ami, un père plus dévoué ?

                Retracer ton passé si honorable, ô Benjamin Deneubourg, c’est rappeler toutes les vertus privées dont Dieu a doué ses enfants privilégiés.

                Laissez-nous donc, Messieurs, vous dire quelques mots de cette vie si bien remplie, de cette carrière si laborieusement parcourue :

Chaque jour on nous cite les hommes intelligents qui qui, à force d’études dans les universités, guidés par d’habiles professeurs, sont parvenus à occuper un rang distingué dans la science. Mais combien n’est-il pas plus méritant celui-là qui a dû acquérir par lui-même, à force de travail et d’observations, toute la science que d’autres plus heureux ont été puiser, à pleines mains, dans les ouvrages des maitres ?

               Eh bien, vous le savez tous, Messieurs, M. Benjamin Deneubourg était un de ces hommes qui doivent tout à eux-mêmes. Pour lui, le champ de l’étude a été bien restreint, car il n’a jamais dépassé l’enseignement de l’école primaire et pour compléter son isolement, à l’âge de 24 ans, il perdait son père qui l’initiait aux secrets de l’art de guérir et il restait ainsi livré à lui-même, sans guide et sans conseil, pour se perfectionner dans la science vétérinaire, à un âge où les praticiens en possèdent à peine les éléments. 

où les praticiens en possèdent à peine les éléments.

M. B. Deneubourg ne se rebute pas devant les nombreux obstacles les nombreux qu’il rencontra dans sa carrière, il les surmonta même bientôt avec tant de succès qu’on cherchat à lui faire abandonner l’exercice de sa profession, en exigeant qu’il prît des grades académiques.

La loi du 11 juin 1850 vint lui en faire une obligation expresse. Lui l’artiste d’élite, connu et apprécié à sa juste valeur dans toutes nos contrées par une pratique de cinquante ans, semée de mille eures merveilleuses, dut se soumettre à l’examen de ses confères à l’âge de 66 ans.

Le 27 septembre 1851, il se présenta modestement devant le jury qui l’interrogea avec respect et lui décerna le diplôme avec la plus grande distinction, en reconnaissant qu’il avait devant lui un des hommes qui honorent le plus, par des connaissances profondes et variées, la profession de maréchal-vétérinaire.

Hélas il ne jouit pas longtemps de cet avantage. Après avoir vingt fois exposé sa vie, en pratiquant des opérations dangereuses, il vient, comme le soldat sur la brèche, de périr victime de son intrépidité ; la mort impitoyable de l’a frappé, au moment où il allait jouir en paix au sein d’une famille chérie, du fruit de ses rudes et longs travaux.

Que n’est-il resté encore quelques années parmi nous, cet homme de bien que chacun estimait et qui comptait pour amis, tous ceux qui avaient été assez heureux pour le connaître et apprécier la loyauté, la franchise de son caractère.

Mais si la mort est venue l’arracher trop tôt à l’affection de ses enfants et de ses nombreux amis, son souvenir à jamais gravé dans tous les cœurs.

La douleur universelle de la foule consternée, les larmes qui sillonnent toutes les figures, disent assez l’immensité de regrets que laisse parmi nous celui que renferme cette tombe qui va disparaître à nos yeux.

 

Du séjour des bienheureux, récompense due à tes vertus, reçois, ô Benjamin Deneubourg, les vœux de tous tes amis, qui, par ma voix t’adressent un dernier adieu !


info@geant-deneubourg.be

 

M. Charly Godfrin 

Rue Fontaine de la Blanche,8

7803 Bouvignies, Belgique

 

+32 471/777.492